Savoir-faire

Le “çini” : la céramique d’Iznik en Turquie

Ceramique d'Iznik

Le nom d’Iznik ne vous dit peut-être rien, pourtant les céramiques de l’époque ottomane de cette ville de Turquie sont réputées dans le monde entier et exposées dans les plus grands musées !

Iznik est une ville du nord-ouest de la Turquie, située à 90 km d’Istanbul. Dans l’antiquité, Iznik (İznik en turc) s’appelait Nicée.

Localisation de la ville d'Iznik sur une carte de la Turquie

Les artisans d’Iznik produisirent des céramiques de la fin du XVè au début du XVIIIè siècle. Elles prirent le nom de “çini” (prononcez “tchini”) en référence à leur source d’inspiration : les porcelaines chinoises très prisées des élites ottomanes de l’époque.

Méthodes de fabrication de la céramique çini d’Iznik

Les techniques de production des céramiques d’Iznik (İznik çinisi en turc) avaient plusieurs particularités :

  • il s’agit d’une terre siliceuse (jusqu’à 80 % de quartz) additionnée d’une fritte riche en plomb, constituée de verre broyé, ce qui permet une cuisson à plus basse température.
  • la terre est ensuite recouverte d’un revêtement (une engobe) très blanche, qui va masquer la couleur naturelle de la pâte et servir de support au décor qui sera peint sur la céramique
  • enfin, les céramiques d’Iznik sont recouvertes d’une glaçure transparente
  • les pièces de céramiques subissait ensuite une seule cuisson, en général dans des fours en briques

Formes, couleurs et décors des céramiques d’Iznik

Les céramiques d’Iznik peuvent désigner plusieurs types d’objets : on trouve de très nombreux plats, mais aussi des bouteilles et carafes, des vases, des bols, et bien sûr des carreaux.

Quant aux couleurs, elles sont d’abord limitées au bleu et au blanc, sous l’influence des porcelaines chinoises. Mais la gamme des couleurs des céramiques d’Iznik s’élargit progressivement au bleu turquoise, puis au vert, au mauve et enfin au rouge à partir du milieu du XVIè siècle. À cette période, les artisans locaux sont en effet influencés par les majoliques italiennes.

Outre ces couleurs spécifiques, l’attrait pour ces objets en céramique vient de la finesse de leurs décorations inspirées de la nature : fleurs (tulipes turques, grenades, jacinthes, églantines, œillets, roses…) et feuilles, animaux, motifs de rochers et de vagues, ou encore décors en “écailles de poisson”.

Les sultans ottomans commandèrent en grand nombre une importante partie de la production locale d’Iznik pour embellir palais et mosquées de leur nouvelle capitale Constantinople. 21 000 carreaux en faïence d’Iznik de teinte bleue décorent ainsi l’intérieur de la célèbre mosquée Sultan Ahmet à Istanbul, donnant son surnom de mosquée bleue à cet édifice religieux.

Les céramiques d’Iznik dans les musées en France et dans le monde

La réputation des céramiques çini d’Iznik a largement dépassé les frontières de l’empire ottoman. On trouve aujourd’hui de magnifiques exemplaires dans les plus grands musées du monde :

Pour aller plus loin :

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